Fatigue, fatigue, j’ai une tête de fatigue ?

 

Tout le monde la ressent à un moment ou un autre, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. La fatigue peut sainement vous amener à vous coucher après une journée de dur labeur comme elle peut vous empoisonner la vie en emmêlant vos méninges…

Ses causes sont innombrables, mais des solutions existent.

 

“ C’est une rupture d’équilibre entre effort et récupération.

Elle nous invite à augmenter notre récupération ou diminuer nos efforts. ”

Olivier Steichen, professeur en médecine interne à l’hôpital Tenon à Paris.

 

UNE RUPTURE D’ÉQUILIBRE !

La fatigue est souvent d’origine tout à fait naturelle, signal pour le corps et l’esprit de la nécessité de se reposer. « C’est une rupture d’équilibre entre effort et récupération. Elle nous invite à augmenter notre récupération ou diminuer nos efforts », définit le Pr Olivier Steichen, chef du service de médecine interne à l’hôpital Tenon.

C’est donc mécanique, si vous dormez moins ou moins bien, ou que vous venez de courir un marathon, la fatigue s’installe, et un repos s’impose. À noter que l’effort n’est pas que physique, il est aussi mental. Tout ce qui demande concentration et/ou attention joue sur notre équilibre. Si vous avez besoin d’un petit coup de pouce passager, des plantes peuvent vous aider. Si vous avez des problèmes pour vous endormir, un rituel bien huilé pourrait changer la donne.

 

ASTHÉNIE : QUAND LA FATIGUE EST MALADIE

Asthénie, c’est un épuisement qui n’est pas « naturel », c’est-à-dire qu’il n’y a pas de rupture d’équilibre entre effort et repos. « C’est là où l’on se pose la question de la cause », précise le Pr Steichen qui, en service de médecine interne, est habitué à mener l’enquête afin de trouver l’origine de la fatigue.

« La première question à se poser : est-ce que je peux expliquer ma fatigue ? », indique l’interniste. Est-ce que dans ma vie certains changements (plus de travail, de jardinage, sommeil écourté par le stress, etc.) peuvent être la cause de cette fatigue quotidienne ?

Si la réponse n’est pas évidente, c’est que la fatigue peut être due à un dysfonctionnement du corps. La bonne personne à qui en parler, est le médecin généraliste qui vous connaît bien. Les causes d’une asthénie sont pléthoriques et il serait impossible de toutes les évoquer ici. C’est parfois une véritable enquête à mener à la façon du Docteur House, mission que remplissent les médecins internistes.

 

L’asthénie organique

« Même sans point d’appel, nous faisons au minimum un bilan biologique et un examen clinique poussé », raconte le Pr Steichen. Cela permettra de mettre le doigt sur la cause dans beaucoup de situations. Une asthénie chronique est souvent due à une maladie chronique d’un organe. Une insuffisance rénale (rein), hépatique (foie), ou cardiaque peut en être la cause. L’anémie ou des troubles hormonaux, comme ceux liés à la thyroïde, peuvent être décelés dans le sang. L’apnée du sommeil ou toutes maladies qui empêchent un sommeil réparateur peuvent aussi être une cause de fatigue chronique.

« Il faut être vigilant à d’autres signes d’alertes : perte d’appétit, perte de poids. Est-ce qu’on a des douleurs, de la fièvre, des essoufflements ? Nous regardons aussi les antécédents », rapporte le médecin. Certains signes doivent attirer l’attention médicale, car les causes de la fatigue peuvent être graves : cancers ou infections chroniques comme le VIH. Pas la peine de paniquer, mais si vous vous posez des questions, parlez-en à votre médecin.

 

L’asthénie psychologique

L’asthénie psychologique trouve son fondement au niveau du système nerveux.

« La fatigue psychologique est ressentie le plus souvent dès le matin au réveil car le sommeil n’est pas réparateur. Elle a tendance à s’améliorer en cours de journée et on a parfois du mal à s’endormir le soir. La fatigue organique, c’est l’inverse : le sommeil fait du bien, on se réveille relativement en forme, mais on se fatigue beaucoup plus vite que d’habitude, et on n’a aucun problème à s’endormir le soir », explique Olivier Steichen. Cette asthénie psychologique peut aussi avoir de nombreuses causes : stress, anxiété, voire dépression. Ces troubles de l’humeur sont parfois compliqués à diagnostiquer explique le professeur :

« Il peut y avoir des dépressions sans ressentir de tristesse, qui se caractérisent au premier plan par une fatigue, voire une perte d’appétit et de poids ». Comme pour les asthénies organiques, c’est en traitant leur cause que l’on retrouvera un état reposé.

 

Syndrome de fatigue chronique

On l’appelle aussi encéphalomyélite myalgique. Ce syndrome qui a mis du temps à se faire reconnaître reste encore voilé de mystères : « il y a plusieurs hypothèses physiologiques, mais qui sont fragiles », détaille Olivier Steichen. La seule chose dont on est certain est qu’il existe une anomalie du fonctionnement cérébral, et de celle-ci résulte

« une vraie fatigue qui empoisonne la vie des malades ». Et, en plus de se sentir particulièrement épuisé par la moindre tâche, le sommeil n’est pas réparateur ! En résultent des méninges moins vives que d’habitude, des troubles de la concentration et même des douleurs musculaires. Il n’y a pas de tests spécifiques du diagnostic, ce qui fait que certains malades s’ignorent. « C’est un diagnostic porté par élimination », explique le médecin interniste, c’est-à-dire que lorsque l’on ne trouve aucune cause, que la fatigue persiste plus de 6 mois sans autre explication mais avec un retentissement important, on peut suspecter un syndrome de fatigue chronique. Celle-ci est très handicapante et nécessite une réadaptation à l’effort progressive et adaptée.

 

COVID LONG : FATIGUE LONGUE ?

Difficile de dire précisément à quoi est dû le Covid long. Suite à l’infection, pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, certains symptômes persistent, notamment la fatigue. « Il existe des similitudes, mais est-ce que ce sont des similitudes de surface ? Le Covid long ressemble à de la fatigue chronique ou à d’autres syndromes post- infectieux. Les anomalies de fonctionnement cérébral sont proches », observe Olivier Steichen. Impossible de présenter des conclusions, mais chercheurs et médecins s’attardent sur ces sujets qui, à force de travail, dévoileront un jour leur secret. Et cela permettra sûrement de mieux comprendre les mécanismes de la fatigue.

 

FATIGUE MÉDICAMENTEUSE

Parmi les nombreuses causes de fatigue, les médicaments peuvent en être une. « Mais attention, on ne donne pas de médicaments pour rien, et il ne faut pas arrêter son traitement sans en parler avec son médecin », met en garde le Pr Steichen. De plus, la fatigue est parfois un effet secondaire qui va s’effacer avec le temps et avec une prise thérapeutique régulière qui équilibrera la concentration de médicament dans le corps.

Les molécules sur lesquelles il faut être vigilants, surtout si l’on prévoit une activité demandant concentration sont les anxiolytiques, les antihistaminiques contre les allergies, les médicaments contre la douleur. Les médicaments pour aider à dormir peuvent aussi avoir comme contrepartie de casser pendant la journée.

 

FATIGUE MODERNE

Le monde moderne, derrière ses technologies créées pour faciliter l’existence, peut en réalité se révéler particulièrement fatigant. « Tout ce qui requiert de maintenir son attention fatigue. Ainsi, tous les objets connectés, qui captent notre attention dès que nous avons un peu de temps libre, nous fatiguent en nous demandant des efforts psychiques », relève Olivier Steichen. En pensant se délasser sur son téléphone, en fait, on se concentre et on se fatigue. Une seule solution : rétablir l’équilibre ! En se reposant !

 

Hygiène du sommeil : la clef des rêves

Comme l’a souligné le Pr Steichen, la fatigue est souvent causée par un défaut de sommeil. Dans ce cas, avant de prendre des traitements, on conseille une routine pour améliorer la durée et la qualité du sommeil.

•          Boire suffisamment d’eau : 1,5 litre par jour, et plus si activité physique

•          Se dépenser : une activité physique régulière vous permettra de retrouver l’équilibre et le sommeil

•          Se coucher et se lever à heures fixes

•          Faire des petites siestes : elles ne sont pas réservées aux enfants et aux personnes âgées

•          Manger équilibré, en particulier le soir où il faut éviter les repas lourds qui gâcheront votre nuit

•          Éviter les excitants en soirée : café, thé, alcool, tabac…

•          Éviter les écrans 2 heures avant le coucher : leur lumière et la fréquence d’affichage troublent les cycles de sommeil

•          Faire de la chambre un lieu dédié uniquement au repos : pas de télé !

•          Ne pas paresser au lit le matin et dormir en pointillé

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